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Colonne sèche : à quoi sert-elle vraiment dans un bâtiment ?

Colonne sèche : rôle réglementation et installation
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Un incendie éclate au 8e étage. Les pompiers doivent acheminer l’eau en quelques minutes. C’est précisément là qu’intervient la colonne sèche incendie.

Colonne sèche

Ce dispositif fixe, intégré au bâtiment, évite aux secours de dérouler des dizaines de mètres de tuyaux dans les escaliers. Par conséquent, le temps d’intervention chute drastiquement.

Définition : qu’est-ce qu’une colonne sèche ?

Une colonne sèche est une conduite rigide fixe, installée verticalement dans un bâtiment, vide en temps normal. Les sapeurs-pompiers la raccordent à leur engin-pompe lors d’un sinistre pour acheminer l’eau directement aux étages.

Son principe est simple. Une équipe connecte le fourgon au raccord d’alimentation situé à l’entrée du bâtiment. Par conséquent, l’autre équipe branche son tuyau à l’extrémité de la colonne, à l’étage concerné.

Ce dispositif évite de dérouler des tuyaux sur plusieurs niveaux — une opération longue et risquée. C’est pourquoi la colonne sèche réduit drastiquement le temps d’intervention en cas d’incendie. Elle s’installe généralement dans la cage d’escalier, zone protégée et accessible à chaque niveau.

Composants : raccord, prises et anti-bélier

Une colonne sèche repose sur plusieurs composants distincts. Chacun remplit un rôle précis dans le dispositif de lutte contre l’incendie.

Voici les éléments constitutifs essentiels :

  • Le raccord d’alimentation : situé en façade ou en rez-de-chaussée, généralement en DN65 (ou DN100 en IGH), à moins de 60 m d’un poteau d’incendie
  • Les prises d’étage : raccords DN40 placés à chaque niveau desservi, munis de bouchons et chaînettes de protection
  • La canalisation : tuyau fixe en acier galvanisé, installé verticalement dans le bâtiment
  • Le dispositif de purge d’air : permet la vidange complète après intervention, conformément aux normes en vigueur

De surcroît, un clapet anti-bélier protège la canalisation contre les chocs de pression lors du remplissage brutal par les pompes. Sans ce composant, la montée en pression brutale risque d’endommager les raccords. Les orifices de réalimentation doivent rester accessibles et signalés en permanence.

Réglementation selon le type de bâtiment

Habitation : 3e et 4e famille

L’article 98 de l’arrêté du 31 janvier 1986 fixe l’obligation pour les immeubles d’habitations de la 3e famille B et de la 4e famille. Ces bâtiments doivent comporter une colonne sèche de 65 millimètres par escalier.

La 4e famille regroupe les immeubles dont le plancher bas du logement le plus haut se situe entre 28 et 50 mètres au-dessus du niveau de la voie accessible aux engins. Chaque niveau desservi reçoit une prise DN40, ou une prise double en cas de logement en duplex ou triplex.

Le raccord d’alimentation doit rester à une distance maximale de 60 mètres d’un poteau d’incendie normalisé. Pourtant, une exemption existe : les bâtiments de 3e famille B d’au plus sept étages, accessibles par voie-échelle au rez-de-chaussée, n’ont pas cette obligation.

ERP et parkings couverts

L’arrêté du 25 juin 1980 fixe le cadre pour les ERP. Son article MS 18 impose une colonne sèche dès que des locaux à risques importants occupent un étage dont le plancher bas dépasse 18 mètres de hauteur au-dessus de la voie pompiers.

Pour les parkings couverts, c’est l’arrêté du 9 mai 2006 qui s’applique. Son article PS 29 rend l’installation obligatoire dès trois niveaux au-dessus ou en dessous du niveau de référence. De ce fait, chaque cage d’escalier ou sas d’évacuation reçoit une colonne de 65 mm.

La configuration des prises est précise : une prise de 65 mm et deux prises de 40 mm par niveau, dans chaque sas. Les parkings souterrains sont également concernés dès 1,50 m de profondeur. Par exemple, un parking de quatre niveaux en sous-sol doit équiper chaque sas d’évacuation sans exception.

IGH : exigences spécifiques

L’article GH 54 du règlement de sécurité des IGH distingue deux configurations selon la hauteur du bâtiment. Or, ce seuil détermine tout : colonne sèche ou colonne en charge.

Pour les IGH dont la hauteur reste inférieure ou égale à 50 mètres, la mise en place d’une colonne sèche DN 100 mm par escalier s’impose. Chaque colonne comporte :

  • Deux raccords d’alimentation de 65 mm placés à proximité des accès incendie
  • Une prise de 65 mm et deux prises de 40 mm à chaque niveau, dans les dispositifs d’intercommunication

Au-delà de 50 mètres, l’article GH 55 impose une colonne en charge, maintenue en permanence sous pression. Par conséquent, une colonne sèche seule ne suffit plus pour ces établissements.

Colonne sèche ou humide : quelle différence ?

La distinction est simple. La colonne sèche reste vide en temps normal : les pompiers l’alimentent en eau sous pression depuis leur engin lors de l’intervention.

À l’inverse, la colonne humide est pressurisée en permanence. Des pompes et réservoirs la maintiennent chargée, prête à alimenter les lances directement à l’étage sinistré.

Or, cette disponibilité immédiate a un coût : une installation plus complexe et une maintenance plus exigeante. Une pancarte réglementaire signale chaque point de réalimentation, situé à moins de 60 m d’une bouche d’incendie.

La colonne humide s’impose dans les IGH dépassant 50 mètres. Par conséquent, elle couvre les zones défendues inaccessibles sans pression préétablie.

Comment vérifier une colonne sèche ?

La vérification d’une colonne sèche suit un calendrier strict imposé par la norme NF S 61-759. D’abord, un contrôle visuel annuel s’impose : bouchons présents, signalisation lisible, accès dégagé aux raccords.

Ensuite, le technicien réalise un essai hydrostatique dit test C1. Il met la canalisation sous 16 bars de pression à débit nul pour détecter toute fuite.

Tous les 5 ans, un essai dynamique complet vient s’ajouter. Il simule une intervention réelle avec un débit minimal à la prise la plus défavorisée, à 15 bars au point d’alimentation.

Chaque résultat doit figurer dans le registre de sécurité. C’est pourquoi l’installation de colonnes sèches et leur suivi documentaire relèvent de la même responsabilité : celle du propriétaire ou de l’exploitant du bâtiment.

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